Top 10 : Présidents, pour le meilleur et pour le pire

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Balotelli, Ibrahimovic, Barton. Si l’on parle beaucoup de ces joueurs dernièrement, c’est surtout du fait de leur tempérament qui pousse certains à les qualifier de fous, quand d’autres parlent de génies. La folie n’est pas l’apanage des joueurs puisque de nombreux entraîneurs sont aussi qualifiés de fous : Mourinho, Bielsa ou encore Delio Rossi. Le phénomène de la folie ne se contente pas de toucher les acteurs directs du football, au contraire, il touche également les présidents de clubs. Si Claude Bez, Bernard Tapie ou encore Gervais Martel ont fait partie du club restreint de ces présidents, ils sont encore nombreux à prétendre au titre de président le plus fou. Entre amusement et consternation, florilège.
 

Louis Nicollin

Attention, poète. Toujours fin et classe, le président du club de Montpellier n’hésite pas à sortir du carcan du « sportivement correct ». Et tout le monde en prend pour son grade. Entre le célèbre poignardage de cul à la saucisse conseillé à Robin Leproux, à l’époque président du PSG, Pedretti la « petite tarlouze » ou encore ses joueurs qui ne lui régalent pas autant « la chique » que ses maîtresse, Loulou est passé maître dans l’art de la finesse. Monsieur Poubelles, rapport à l’activité qui a fait sa fortune, est d’une classe à toute épreuve. Entre déclaration incendiaires et consommation de saucisson à pleine main dans les tribunes de la Mosson, Loulou est unique dans le paysage footballistique français. Et force est de reconnaître qu’il nous fait bien rire. Comment oublier sa crête bleu et orange pour fêter le titre montpelliérain à la fin de la saison dernière ? A 69 ans passés, il devrait, on l’espère, nous régaler de ses déclarations truculentes pendant encore un petit bout de temps.

Uli Hoeness

Garanti 100% franc-parler, le président du Bayern Munich n’a pas sa langue dans sa poche, loin de là. Avec Uli Hoeness, tout le monde en prend pour son grade. Ses petites phrases, toujours acides, sont très loin de faire l’unanimité. L’une des dernières cibles de son franc-parler est le rival de Dortmund, « club de dimension régionale […] inconnu en Chine ». Toujours en forme, Uli Hoeness n’hésite jamais à donner un avis sur tout, ou presque, sans se soucier réellement des éventuelles réactions à ses prises de position. Entre l’équipe nationale allemande, qui n’a « pas été bonne durant tout l’Euro », Miroslav Klose, coupable d’avoir marqué « 80% de ses buts » en sélection contre le « Liechtenstein et compagnie », au contraire de Gerd Müller, ou encore le calendrier des rencontres internationales, « ridicule », tout le monde en prend pour son grade. Jamais avare de critiques, Uli Hoeness rhabille tout le monde pour l’hiver, avec un soin tout particulier pour les rivaux de son Bayern Munich.

Massimo Moratti

S’il est un président de club omniprésent dans la gestion sportive de son équipe, c’est bien Massimo Moratti. Moratti décide des transferts, de la politique suivie par l’entraineur, et de presque tout ce qui concerne le terrain. Rares sont les entraîneurs à avoir pu marquer leur territoire : José Mourinho fait figure d’exception. Son arrivée fracassante à la tête de l’Inter en 1995, Moratti la doit à l’entreprise pétrolière familiale. A peine installé aux manettes, il dépense sans compter pour son Inter : Ronaldo et Vieiri sont deux bons exemples, recrutés respectivement pour 26 et 48 millions d’euros. Comme ses confrères, Moratti a ses cibles préférées : les journalistes, les arbitres et les anciens entraîneurs. Récemment, c’est Gian Piero Gasperini qui en prend pour son grade, coupable aux yeux du président de la saison ratée de l’Inter en 2011-2012 (« Le désastre de cette saison, c’est la faute de Gasperini »). Son implication dans la gestion du club explique sans doute sa propension à se lâcher assez facilement dans la presse, qui fait le bonheur des journalistes transalpins friands de petites phrases.

Aurelio de Laurentiis

Le titre de président le plus fantasque est plutôt disputé en Italie. Le président du Napoli veut lui aussi sa part grâce à ses tacles toujours bien sentis. Sa cible préférée ? La Lega Calcio, coupable de favoriser les clubs du nord de l’Italie ou d’organiser la Supercoupe à Pékin. Son chef d’œuvre ? Lors du tirage au sort du calendrier 2011-2012 de la Serie A, mécontent du fait de la tenue d’un match à Giuseppe Meazza contre l’Inter trois jours après un match de Ligue des Champions, le président napolitain quitte la salle ivre de colère aux cris de « têtes de cons », « vous êtes des merdes » et autres saillies poétiques, arrête le premier scooter venu et quitte l’endroit. Les journalistes, coupables eux aussi de favoriser aux yeux du napolitain les clubs du Nord, en prennent pour leur grade. Platini et Messi ne sont pas non plus épargnés. Comme ses collègues, Aurelio de Laurentiis ne perd jamais une occasion de l’ouvrir, pour notre plus grand amusement.

Jean-Michel Aulas

Le président de l’Olympique Lyonnais est un sacré client. Aulas prend un certain plaisir à taper sur ses cibles favorites : Claude Puel, l’AS Saint-Etienne et certains de ses (anciens) joueurs. Toujours là pour alimenter la rivalité entre lyonnais et verts, Aulas a toujours un bon mot pour le voisin stéphanois, entre Playstation1 et remarques assassines. Cet été, il n’a pas hésité à dénoncer la « pression néfaste des pharaons ou des dinosaures de vestiaires », critique à peine voilée à certains de ses joueurs, Cris et Michel Bastos en tête. Des déclarations loin d’apaiser la situation du vestiaire lyonnais. Les relatifs mauvais résultats depuis 2008 ? Aulas, loin de se remettre en question, a trouvé le bouc émissaire idéal, Claude Puel, entraîneur du club entre 2008 et 2011, qui en prend pour son grade à chaque occasion. Mais le domaine dans lequel Aulas excelle est celui de la dénonciation du complot arbitral orchestré, selon lui, contre son club. Notamment suite au 4-4 contre le PSG en février dernier : « Je ne sais pas pourquoi et je ne sais pas s’il y a des intérêts qui dépassent le cadre du football à court terme ». Ça se passe de tout commentaire.

Silvio Berlusconi

Animal politique, le président du Milan AC ne pouvait pas ne faire partie de ce Top 10. Entre fraude fiscale et bunga-bunga, Berlusconi collectionne les casseroles, mais demeure un tifosi absolu de son club. Pour preuve, les témoignages de certaines participantes aux soirées chaudes organisées par Silvio, sommées de porter les couleurs du Milan pendant les petites fêtes. Fêtard devant l’éternel, Berlusconi serait, d’après Ronaldinho, le partenaire idéal pour une soirée en boîte de nuit à Rio. Le brésilien l’affirme, « dix minutes à ses côtés sont toujours un apprentissage ». Ronnie n’en dira pas plus, à vous de comprendre ce qu’il insinue. Ou pas d’ailleurs. A peine son retrait de la politique annoncé, Silvio change d’avis, et reviens. Malgré ses 76 printemps, il semble bien parti pour squatter l’espace politique et sportif pour les trente prochaines années. Sacré Silvio. A moins que la justice de son pays n’en juge autrement, elle qui l’a déjà condamné à 4 ans de prison, et doit encore statuer sur une bonne vingtaine d’affaire impliquant le président milanais.

Maurizio Zamparini

40 entraîneurs virés en 26 ans de présidence de club, ça vous pose un personnage. De Venise à Palerme, Zamparini ne se contente pas changer d’entraîneur comme de chemise, il est également célèbre pour ses petites phrases. Après une défaite de son équipe contre le Torino en 2008, il qualifie son équipe d’ « équipe de fillettes ». Ses joueurs sont l’une de ses cibles préférées. Suite à de mauvais résultats, il les avait notamment menacé de leur « couper les testicules et [de] les manger en salade ». Mais personne n’échappe au courroux de Mauro, et surtout pas ses (ex)-entraîneurs. Notamment Delio Rossi, coupable selon son président de ne pas « avoir de couilles ». Entre les clubs anglais « pirates » et Adrian Mutu, « petit gitan », ou encore l’Inter Milan, une « nouvelle Juventus », rapport à l’affaire du Calciopoli, personne n’est épargné par le président palermitain.

Pinto da Costa

Adepte de la revente de joueurs à prix fort, le président du FC Porto depuis 1982 est adulé du côté de la ville portuaire portugaise. Ricardo Carvalho, José Bosingwa, Deco, Pepe, Anderson, Lisandro López, Bruno Alves, Falcao, Hulk, Raul Meireles : tous vendus entre 14 et 60 millions d’euros. La gestion du président est un exemple de gestion économique exemplaire. Et ces ventes ne se sont pas faites au détriment du sportif : en trente ans, le club portiste a remporté 20 championnats du Portugal, 2 Ligues des Champions, 11 Coupes du Portugal, 1 Coupe de l’UEFA, et cela ne s’arrête pas là, citer l’ensemble du palmarès de Pinto da Costa prendrait bien trop longtemps. En 2004, une affaire de falsification de documents, de corruption et de trafic d’influence éclate et touche, notamment, le président du FC Porto. L’affaire du sifflet doré, c’est son nom, concerne particulièrement des cas de corruption d’arbitres. Elle agite le football portugais depuis. S’il a été acquitté par la justice civile, Pinto da Costa a été suspendu deux ans par la justice sportive portugaise. Bien que blanchi, la publication d’écoutes téléphoniques a récemment remis en question l’innocence du président portiste.

Roman Abramovitch

Fou, le président de Chelsea l’est assurément. Fou, oui, mais de son équipe. Depuis 2003 et son arrivée aux commandes, le russe a dépensé plus d’un milliards d’euros en salaires, primes et indemnités de transferts. Abramovitch n’hésite pas à utiliser son immense fortune pour voir son club gagner des trophées. Quitte à dépenser des millions en un simple claquement de doigts (embauche et licenciement 40 matchs plus tard de Villas-Boas pour plus de 20 millions d’euros). Rares sont les joueurs de l’effectif du club à avoir été achetés pour moins de 15 millions d’euros. Récemment, ce sont Torres (58 millions d’euros), Hazard (40 millions) ou encore Oscar (32 millions) qui sont arrivés du côté de Londres. L’oligarque, plusieurs fois gouverneur en Russie, a fait sa fortune avec l’achat et la revente de sociétés (il a notamment vendu ses participations dans le géant gazier russe Gazprom à hauteur de 13 milliards de dollars). L’heureux propriétaire d’Eclipse, le plus long yacht du monde (évalué à 350 millions de dollars) a été impliqué dans diverses affaires judiciaires : harcèlement, corruption, vol, fraude fiscale, violation des règlementations anti-trust, … Jusqu’à aujourd’hui, le président de Chelsea a échappé à des poursuites judiciaires. Il faire bénéficier son club de sa fortune pendant encore longtemps, lui qui a pour habitude d’éponger les dettes abyssales du club londonien.

Gigi Becali

Le président du Steaua Bucarest est sans doute le numéro 1 de ce Top 10. A côté de ses dérapages verbaux, Loulou Nicollin est un enfant de cœur. Jugez plutôt : il a refusé Sinama-Pongolle, trop noir pour le président roumain, il a interdit à ses joueurs de reprendre « We Are The Champions » de Queen, Freddy Mercury étant « un homosexuel, donc un fou ». Logique imparable. Côté sportif, Becali est omniprésent : il va même jusqu’à décider de la composition de son équipe. Avec des résultats pas franchement au rendez-vous. Loin de remettre en cause sa gestion, le président roumain a changé plus de 21 d’entraîneur depuis 2003. Mais ça ne s’arrête pas là : matchs truqués, arbitres achetés ou journalistes bastonnés sont légion. Il a notamment été poursuivi pour corruption, séquestrations et violences, diffamation, … Et pour couronner le tout, le député européen nationaliste (il a été élu en 2009…) utilise un langage fleuri et est passé maître dans l’art de la diffamation. Raciste, homophobe, corrompu, insultant, ça commence à faire beaucoup pour un seul homme… A coup sûr vainqueur du titre de président le plus consternant.

C.B.

Article également publié le 9 novembre 2012 sur Carnet Sport.

Image : Wikimedia Commons
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