Quelle destination pour Fernando Llorente ?

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En fin de contrat en juin 2013, le grand blond de l’Athletic a été annoncé un peu partout pendant le mercato estival, à l’instar de son désormais ex-compère Javi Martínez. Sans doute la faute à l’obstination du président basque de ne pas négocier au dessous de sa clause libératoire. Quoi qu’il en soit, Fernando Llorente quittera sans doute Bilbao en janvier ou en juin prochain. Oui, mais pour aller où ?

Auteur d’un parcours relativement exceptionnel l’an passé, particulièrement en Ligue Europa, l’Athletic aurait pu vivre un véritable pillage organisé lors du mercato d’été. Il n’en a rien été, malgré les nombreux courtisans, seul Javi Martínez a quitté le bercail pour tenter l’aventure en Bundesliga. A aucun moment il n’a été question de négocier pour l’Athletic : les joueurs se vendent au prix de la clause libératoire, pas moins. Ce sont donc 40 millions d’euros qu’a déboursé le Bayern Munich pour s’offrir le polyvalent milieu défensif. Ce départ a sans doute fermé la porte à celui de Fernando Llorente. Au-delà du fait qu’aucun club ne s’est montré clairement disposé à payer les 36 millions de sa clause libératoire, le basque a aussi « pâti » de la volonté ferme de son président et de Marcelo Bielsa, son entraîneur, de le conserver. Quitte à le perdre gratuitement l’été suivant. En effet, l’Athletic se limitant dans son recrutement aux seuls joueurs nés au Pays Basque (Communauté autonome du Pays Basque espagnol, Pays Basque français et Navarre) ou qui y ont été formé, il est aisé de comprendre que le remplaçant éventuel de Llorente ne se trouvera pas au détour d’une rue. Pris en grippe par une partie du public de San Mamés, il connaît un début de saison plus que difficile : à peine 12 matchs disputés, pour un petit but, toutes compétitions confondues. Quand on observe ses statistiques des années passées, le contraste est saisissant : il avait respectivement marqué 18, 23, 19 et 29 toutes compétitions confondues lors des quatre dernières saisons. Malgré ce début de saison raté, nul doute que les destinations envisageables sont encore nombreuses pour le natif d’Iruñea (Pampelune en français dans le texte). Llorente va partir, c’est évident, mais quand ? Si la position du président du club reste la même, il ne partira pas en janvier et fera donc ses adieux à San Mamés en juin 2013. Si l’attrait de quelques millions fait changer d’avis le président basque, Llorente partira sans doute dès janvier, si une équipe consent à dépenser le montant fixé par le club (sans doute autour de 15 à 20 millions d’euros). Mais quelle équipe ?

Vol direct pour Turin ?

Le plus insistant de ses courtisans est la Juventus. L’équipe turinoise cherche très clairement un attaquant de haut niveau. Llorente n’aurait sans doute aucun mal à dépasser dans la hiérarchie les Bendtner, Vucinic et autres Quagliarella, à condition bien sûr qu’il retrouve son niveau de la saison passée. Même si les moyens de la Juve sont relativement importants, en comparaison de la crise qui touche les autres clubs italiens, Milan AC en tête, jamais la Vieille Dame ne lâchera plus de 20 millions d’euro pour recruter Llorente. Dans le jeu développé par l’équipe d’Antonio Conte, le physique et le jeu en pivot du basque pourraient s’intégrer à merveille, et libérer des espaces pour les milieux, au premier rang desquels Sebastian Giovinco, la « fourmi atomique ». Pour ne pas le laisser réaliser ses précieuses déviations, les défenseurs centraux seraient logiquement obligés de créer des espaces par leurs déplacements, espaces que se chargeraient d’exploiter les milieux et latéraux de la Juve. Du point de vue sportif, le choix de la Juve serait sûrement bénéfique pour Llorente, qui serait confronté à une concurrence plutôt faible dans son secteur de jeu, et jouerait dans une équipe qui joue les premiers rôles dans son championnat. Cependant, il ne devrait pas découvrir de suite les joies de la Ligue des Champions, puisque les turinois connaissent des difficultés dans leur groupes, et devraient sans doute être quitter la course à la Coupe aux grandes oreilles par la petite porte. Reste à savoir si la Juve serait prête à dépenser plus de 10 millions d’euros pour le recruter dès janvier. D’après les dernières rumeurs, l’offre turinoise ne dépasserait pas les 7 millions d’euros, ce qui serait loin de convaincre Bilbao de le laisser partir en janvier.

Aller simple pour la Premier League ?

Autre destination possible pour Fernando Llorente : l’Angleterre. Plusieurs clubs de la Perfide Albion pourraient être intéressés par le profil du basque. Parmi eux, on retrouve trois des membres du Big Four : Chelsea, Manchester City et Arsenal. Le club de Roman Abramovitch pourrait passer à l’action selon certains tabloïds anglais, manquant de solution alternative à Fernando Torres à la point de l’attaque. Toutefois, cette première piste paraît peu conforme à l’identité de jeu que souhaite donner le propriétaire russe à son club, moins box to box qu’auparavant. Concernant les citizens, ce semble être le plus mauvais choix sur le point de vue sportif du fait la concurrence féroce qui règne en attaque (Agüero, Tévez, Balotelli, Dzeko), mais sans doute le meilleur choix financier. Les salaires raisonnables sont une espèce quasi-inexistante du coté de l’Etihad Stadium. Autre possibilité de l’autre côté de la Manche, Arsenal. Les Gunners souffrent clairement du départ de Robin van Persie pour l’ennemi mancunien. Recrutés pour remplacer le néerlandais, Giroud et Podolski ne parviennent pour le moment pas à combler le manque, malgré des débuts encourageants. Le recrutement de Llorente viendrait garnir la collection d’attaquants pivots d’Arsenal. Avec Giroud et Chamakh, deux joueurs au profil similaire, quoique moins buteurs, il y a peu de chances pour qu’Arsène Wenger choisisse de recruter le basque. Mais une surprise n’est pas à exclure, sait on jamais. Les Spurs de Tottenham se sont manifesté eux aussi cet été pour recruter l’attaquant d’1m95. Après le recrutement d’Adebayor, il n’est pas assuré que cet intérêt soit toujours d’actualité. A moins que le rendement de togolais ne satisfasse pas le board du club. Affaire à suivre donc. Et enfin, dernière possibilité anglaise, Liverpool. Avec le seul Luis Suarez à la pointe de l’attaque depuis le début de la saison, et le prêt d’Andy Caroll à West Ham, les Reds cherchent un attaquant. Le profit de Llorente pourrait parfaitement s’associer à celui de l’uruguayen, lui créant les espaces dont il raffole pour martyriser les défenses adverses. A moins qu’un retour de prêt anticipé d’Andy Carroll, moins coûteux, ne soit à l’étude du côté de Liverpool.

Le train pour Madrid ?

Dernière possibilité, plus rarement évoquée : celle de rester en Espagne. Autant être clair dès le début, les clubs pouvant se permettre de recruter le basque ne sont pas légion. Le Real Madrid et le Barça sont des destinations qui peuvent être évoquées. Le club catalan ne devrait sans doute pas esquisser le moindre mouvement pour le recruter, ayant des rangs déjà relativement fournis en attaque. Le Barça ne constituerait sans doute pas un bon choix pour Llorente : une place dans l’immuable 4-3-3 relèverait du miracle. Un départ du côté de Madrid est une possibilité un peu plus envisageable. Du côté des finances, aucun soucis, le Real Madrid est tout à fait à même de s’offrir Llorente. Du côté du terrain, l’arrivée du basque serait conditionnée au départ de Karim Benzema ou de Gonzalo Higuaín, ce qui est loin d’être crédible pour le moment. Mais, en cas de départ de Mourinho à la fin de la saison, rien ne dit que les deux continuent d’accepter le roulement imposé par le Special One. En cas de départ de l’un des deux, Florentino Pérez verrait d’un bon œil le recrutement d’un attaquant espagnol, lui dont le second mandat à la tête de la Maison Blanche, entamé en 2009, a été marqué par le recrutement d’espagnols (Xabi Alonso, Raúl Albiol, Álvaro Arbeloa), en plus des néo-galactiques Cristiano Ronaldo et Kaká. Dernièrement, c’est un tweet de Xabi Alonso qui est venu alimenter la rumeur, tweet dans lequel il assurait à un destinataire qui pourrait être Llorente tenter de convaincre Mourinho de le recruter. Rien de bien sérieux quoi qu’il en soit, mais de nature à affoler les quotidiens sportifs espagnols pour la journée.

A côté des deux géants espagnols, les autres clubs ne semblent pas capable d’attirer Llorente dans leurs filets. Un départ pour l’Atlético relève de l’utopique, ou du concours de circonstances. En cas de départ de Falcao, il n’est pas garanti que les colchoneros s’intéressent au basque. Il n’est pas non plus acquis que Llorente veuille signer dans le second club madrilène. Il n’est d’ailleurs pas non plus acquis que le grand blond soit disposé à quitter son club de Bilbao pour un autre club espagnol. Quoi qu’il en soit, le départ de Llorente agitera les rédactions lors du mercato hivernal, et possiblement lors du mercato estival. Sa destination devrait sans doute être l’une de celles évoquées plus haut. A moins qu’un prétendant surprise fasse son apparition ? Aucune hypothèse n’est à exclure pour le moment. Seul l’avenir pourra nous dire où Fernando Llorente atterrira.

C.B.

Article également publié le 26 novembre 2012 sur Carnet Sport.

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