Pourquoi Iker Casillas doit gagner le Ballon d’Or

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Cristiano Ronaldo. Messi. Messi. Crisitiano Ronaldo. La lutte pour le FIFA Ballon d’Or 2012 semble se résumer à un mano a mano entre les deux derniers joueurs à avoir remporté la distinction individuelle suprême. Tout ou presque oppose ces deux joueurs fantastiques, si ce n’est leurs statistiques stratosphériques : 60 buts en 55 matchs pour le portugais, 73 en 60 matchs pour l’argentin, toutes compétitions confondues. Pourtant, derrière les deux grandissimes favoris, plusieurs pourraient prétendre au titre, au premier rang desquels le capitaine de l’équipe d’Espagne et du Real Madrid, Iker Casillas.

Né le 20 mai 1981 dans la banlieue de Madrid, Iker Casillas Fernández intègre les équipes du jeunes du Real Madrid en 1990 et frappe à la porte de l’équipe première neuf ans plus tard, tout juste âgé de 18 ans. Il joue 47 matchs dès sa première saison, reléguant le titulaire Bodo Illgner, de 14 ans son aîné, sur le banc. En 2000, il devient le plus jeune gardien à remporter la Ligue des Champions, et inscrit une première ligne à un palmarès en club aujourd’hui long comme le bras, jugez par vous-même : Ligue des Champions (2000, 2002), Liga (2001, 2003, 2007, 2012), Supercoupe d’Espagne (2001, 2003, 2008, 2012), Coupe du Roi (2011), Supercoupe de l’UEFA (2002) et Coupe Intercontinentale (2002). Son palmarès en sélection n’est pas moins impressionnant : Euro des moins de 16 ans (1997), Coupe du Monde des moins de 20 ans (1999), Euro (2008, 2012) et Coupe du Monde (2010). Iker Casillas est très clairement l’un des joueurs les plus titrés en activité, tant en club qu’en sélection.

Le meilleur gardien du monde

Désigné meilleur gardien du monde par la Fédération Internationale d’Histoire et de Statistique du Football (IFFHS) et la Fédération Internationale des Associations de Footballeurs Professionnels (FIFPro) quatre ans de suite (2008, 2009, 2010, 2011, série en cours), Iker Casillas est sans conteste l’un des meilleurs joueurs à son poste, si ce n’est le meilleur. Sans revenir sur la palette très large de ses qualités, il suffit simplement d’évoquer ses réflexes sur la ligne et ses sorties lors des un contre un. L’Espagne n’aura pas gagné la Coupe du Monde en 2010 sans ses deux arrêts de grande classe face à Arjen Robben. Si ses sorties avaient ne serait-ce que laissé quelques secondes de plus à Robben, le match se serait terminé à la fin des 90 minutes, sur un score de 2-0 pour les Hollandais. La Roja aura dit adieu à sont rêve de doublé Euro-Coupe du Monde. Évidemment, si Iker Casillas aligne depuis plusieurs saisons les performances remarquables, ce n’est pas pour autant que le Ballon d’Or doit lui revenir cette année.

D’après l’article 3 du règlement du FIFA Ballon d’Or, le trophée vient récompenser un joueur en fonction notamment « des mérites sportifs ». Les mérites sportifs de Casillas sont indéniables. D’abord, son palmarès sur l’année civile lui permet de prétendre légitimement au titre de meilleur joueur du monde : il a remporté la Liga avec le Real Madrid, disputant 37 matchs, pour un total de 31 buts encaissés, l’un des plus faibles totaux de sa carrière. A côté de ça, ses performances en équipe d’Espagne, avec qui il a encore une fois remporté le Championnat d’Europe cette année, sont du même acabit : plus de 900 minutes sans encaisser le moindre but en compétition officielle jusqu’à celui d’Olivier Giroud à la toute fin du temps additionnel en match de qualification à la Coupe du Monde 2014 le mois dernier. En 142 sélections, il a encaissé 78 buts, dont seulement 9 sur les 26 derniers matchs. Lorsque ses performances sont décisives, comme c’est souvent le cas, c’est généralement celui qui a apporté la victoire à son équipe qui est récompensé. C’était le cas en 2010 avec la désignation d’Andrés Iniesta comme homme du match de la finale de Coupe du Monde. C’était encore le cas cette saison, ses performances étant éclipsée par les statistiques phénoménales de Cristiano Ronaldo devant le but. Il est clairement difficile de nier le mérite sportif d’Iker Casillas. Qui se souvient d’une série de matchs totalement ratés par le gardien madrilène ?  Ce n’est pas pour rien qu’on le surnomme San Iker, tant il est difficile de compter le nombre de fois où il a « sauvé » son club et sa sélection.

Un comportement exemplaire, sur le terrain comme en dehors

Au-delà des mérites sportifs, le FIFA Ballon d’Or récompense également le « comportement général [du joueur] sur le terrain comme en dehors ». De ce point de vue, Iker Casillas mérite tout autant de remporter le trophée. Incontestablement, il est un capitaine exemplaire, tant pour l’Espagne que pour le Real Madrid. Après le match retour de Supercoupe d’Espagne contre le FC Barcelone l’an passé, qui s’était terminé en cacophonie générale suite au tacle assassin de Marcelo sur Fàbregas, il n’avais pas hésité à calmer les tensions avec son ami barcelonais Xavi Hernández. Capitaine incontesté de la sélection ibérique, il est l’un des leaders du vestiaire, et a su mener son équipe au sommet du football mondial. Malgré les tensions, il n’a jamais perdu son sang-froid lors d’un clásico, contrairement à certains de ses coéquipiers et de ses adversaires. Quand ce sont des rumeurs qui l’accusent d’être la « taupe » d’un vestiaire madrilène que certains affirment divisé, il préfère répondre par un humour sarcastique via sa page Facebook plutôt que d’attaquer de front. Et c’est tout à son honneur. Il est cette année le lauréat du prix du Prince des Asturies des Sports aux côtés de Xavi Hernández, prix qui récompense « celui ou ceux qui, au-delà de l’exemplarité de leur comportement et de leurs mérites sportifs, ont contribué par leurs efforts, de manière extraordinaire, au perfectionnement, à la promotion et à la diffusion des sports ».

Nombreux sont ceux qui voudraient voir le Ballon d’Or revenir au gardien espagnol, de Mariano Rajoy à Jérémie Janot. Ses mérites sportifs sont indéniables, et son comportement sur le terrain comme en dehors, exemplaire. Son exceptionnelle saison 2011-2012 vient appuyer les arguments qui me poussent à considérer que le capitaine madrilène doit remporter le Ballon d’Or. Seulement, cela dépendra des votes des journalistes, capitaines et sélectionneurs.Si Messi et Ronaldo sont cette année encore les deux favoris, rien ne dit qu’une surprise nommée Iker Casillas ne puisse pas venir les coiffer au poteau. Si les attaquants et milieux offensifs sont toujours mis en avant, il ne faut pas oublier que leurs exploits seraient vains sans grands gardiens, défenseurs et milieux défensifs. Il est grand temps que l’on s’en souvienne, le football se joue à onze. Désormais, il ne reste plus qu’à attendre, et à voir quel choix se démarquera parmi les votes. Rendez-vous début janvier à Zurich pour connaître le nom du successeur de Lionel Messi.

C.B.

Article publié le 30 novembre 2012 sur Carnet Sport, modifié et intitulé « Pourquoi Iker Casillas aurait dû gagner le Ballon d’Or » à la suite de l’annonce des 3 finalistes du FIFA Ballon d’Or 2012 (Messi, Cristiano Ronaldo, Iniesta).

Image : Wikimedia Commons.

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