Top 10 : Ces madrilènes de toujours

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Dimanche 11 novembre 2012, sur les coups de 23h10, la tête du jeune madrilène Álvaro Morata vient donner la victoire au Real Madrid et libère toute la Maison Blanche. Pur produit de la cantera, Morata suivra peut-être les pas d’un autre ancien attaquant des équipes de jeunes du Real Madrid, Raúl. A moins que la direction et l’entraîneur du Real Madrid n’en décident autrement. Mais là n’est pas la question. Ce but estampillé 100% cantera permet de se pencher sur une espèce de footballeur plutôt rare : le madrilène de toujours (ou presque). Top 10.

Santiago Bernabéu Yeste (1912-1931)

S’il est un madrilène de toujours, c’est bien Santiago Bernabéu Yeste. En effet, avant d’être le président d’un Real Madrid sur le toit du monde, Bernabéu a aussi été joueur d’un Madrid CF devenu Real Madrid CF l’espace de quelques années, avant de retrouver son nom d’origine avec la proclamation de la Seconde République Espagnole en 1931. 1931 est aussi l’année de la retraite de Bernabéu, qui aura effectué toute sa carrière de joueur, entamée en 1912, au sein du club madrilène. Si l’on se souvient de lui comme le président emblématique du grand Real Madrid des années 1950-1960, il était aussi un attaquant prolifique, auteur de 341 buts en 689 matchs de championnat. Son palmarès de joueur se limite cependant à une Coupe du Roi (1917). Un palmarès bien faible en comparaison des titres qu’il a amassé en tant que président : 16 championnats d’Espagne, 6 Coupes du Généralissime, ancienne dénomination de la Coupe du Roi sous le régime dictatorial franquiste, sans oublier 6 Coupes d’Europe, ancien nom de la Ligue des Champions.

Francisco « Paco » Gento (1953-1971)

S’il débute sa carrière au Racing Santander, il n’y joue qu’une petite dizaine de matchs en une saison, avant de partir pour le Real Madrid l’année suivante. Il y passera 18 ans. L’ailier gauche du grand Real Madrid de Di Stefano, Puskas ou encore Kopa est une pierre angulaire du 4-2-4 développé par les différents entraîneurs qui se succèdent alors, et le reste sous le mandat de Miguel Muñoz, autre légende madrilène. En 761 matchs pour le club de la capitale espagnole, il trouvera le chemin des filets à 253 reprises, avant de raccrocher les crampons en 1971. Il quitte la Maison Blanche avec un palmarès à en rendre jaloux plus d’un : 12 championnats, 2 coupes, 6 Coupes d’Europe, une coupe intercontinentale, ainsi que deux coupes latines. L’international espagnol (43 sélections, 5 buts) remporte également l’Euro 1964, disputé à domicile par la sélection ibérique. Il a par la suite entraîné plusieurs équipes, sans rencontrer le même succès qu’au cours de sa carrière de joueur.

Vicente Del Bosque (1968-1984)

Avant d’être l’entraîneur couronné de succès que l’on connaît, le Baron Vicente Del Bosque était un milieu de terrain défensif à moustache indispensable au Real Madrid entre 1974 et 1984. Au cours de ses 335 matchs officiels avec la Maison Blanche, il marque à 18 reprises, et remporte un total de 5 championnats et 4 Coupes du Roi. Malgré son parcours de joueurs plus d’honorable, c’est la carrière d’entraîneur de Vicente Del Bosque qui le fait définitivement entrer dans la légende madrilène. Entraîneur intérimaire à deux reprises (11 matchs en 1994 et 1 en 1996), l’ancien entraîneur de l’équipe B madrilène (Real Madrid Castilla, 1987-1990) est nommé à la tête de l’équipe première en 1999. Sous ses ordres, l’équipe remportera deux Ligues des Champions en 2000 et 2002, ainsi que deux championnats (2001 et 2003), une coupe intercontinentale (2002) et une Supercoupe d’Europe (2002). Remercié par Florentino Pérez en 2003 malgré une grande saison, la carrière d’entraîneur du Baron Del Bosque, le titre lui ayant été accordé par le Roi d’Espagne en 2010, ne s’arrête pas là. Après un passage par Besiktas, il est nommé à la tête de la sélection espagnole après le succès à l’Euro 2008. Il remportera une Coupe du Monde (2010) et un Euro (2012).

Carlos Alonso « Santillana » (1971-1988)

Après une saison au Racing Santander (décidément), Santillana rejoint les rangs madrilènes en 1971. En une carrière en blanc qui durera 17 ans, il remporte deux Coupes de l’UEFA, 9 championnats, 4 Coupes du Roi et une défunte Coupe de la Ligue espagnole. En 643 matchs avec l’équipe première, il marque un total de 352 buts. Mais ce dont se souvient le public madrilène, ce n’est pas tant le nombre de ses buts, mais la qualité de ses remises de la tête et l’amplitude de ses sauts. Associé à la pointe de l’attaque madrilène avec feu Juanito, il a mis le feu à nombre de surfaces espagnoles et européennes. Sa carrière en blanc s’achève avec la célébration du 23ème titre en Liga pour le Real Madrid. En sélection, il dispute 56 matchs, pour un total de 15 buts et une finale à l’Euro 1984, perdue contre la France de Michel Platini.

José Antonio Camacho (1973-1989)

En 16 ans au Real Madrid, la seule équipe pour laquelle il a joué en profesionnel, l’arrière gauche dispute 579 matchs et accumule les récompenses collectives : 8 championnats, 2 coupes de l’UEFA, 4 Coupes du Roi et une Coupe de la Ligue au sein d’une grande équipe, celle de la Quinta del Buitre, qui terrorisait les défenses espagnoles à l’époque avec à sa tête la « vautour » Emilio Butragueño. Sélectionné à 81 reprises en équipe nationale, l’arrière gauche était un modèle de vélocité et d’anticipation : il était rare qu’un ailier, qu’un attaquant adverse traverse son couloir gauche sans encombres. A la fin de la saison 1989, il met fin à sa carrière, mais ne quitte pas pour autant la Maison Blanche, devenant entraîneur de jeunes. S’en suivent ensuite, l’Espanyol Barcelone, l’Espagne, le Real Madrid, sans grand succès malheureusement, ou encore la sélection chinoise, qu’il entraîne depuis 2011.

Miguel Porlán « Chendo » (1982-1998)

Le latéral droit débute sa carrière en blanc pour l’équipe réserve de la Maison Blanche 1979. Trois ans plus tard, c’est le début d’une longue carrière en équipe première qui durera jusqu’en 1998. Le public du Bernabéu se souvient de lui pour ses efforts et son esprit de sacrifice. Jamais Chendo n’a rechigné à faire des aller-retours dans un couloir droit qu’il a arpenté de long en large et en travers au cours des 463 matchs officiels qu’il a disputé avec la tunique merengue. Le palmarès amassé au cours de ces années n’est pas moins impressionnant : 7 championnats, 2 Coupes du Roi, 2 coupes de l’UEFA, une Ligue des Champions, 5 Supercoupes d’Espagne, ainsi qu’une Coupe de la Ligue Espagnole. On retiendra ces mots prononcés par Chendo lorsqu’il raccroche les crampons : « Je m’en vais avec la joie d’avoir réalisé le rêve de n’importe quel enfant : arriver au Real Madrid, y rester pendant des années et terminer dans ce grand club. Que demander de plus ? ». En effet, que demander de plus à un joueur qui a dédié sa vie au club de son cœur.

José Miguel González Martín del Campo « Míchel » (1982-1996)

Arrivé en équipe de jeunes à l’âge de 13 ans, Míchel gravit rapidement les échelons jusqu’à l’équipe première, où il s’installe durablement à partir dès sa première saison (1984-85). Jusqu’à son départ du club madrilène, il dispute en moyenne plus d’une trentaine de matchs par saison. Les supporters madrilènes se souviennent de la précision chirurgicales de ses centres venus de son côté droit. Membre à part entière de la Quinta del Buitre, il est l’un des pourvoyeurs attitrés de ballons de Butragueño. Au cours de ses 14 ans au club, il dispute 559 matchs officiels, et trouve le chemin des filets 178 fois. La qualité de ses centres était telle que certains disaient qu’il avait « un gant sur son bon pied ». Ses qualités, reconnues par nombre des observateurs, ont conduit beaucoup à le considérer comme l’un des meilleurs joueurs espagnols de la période. En 66 matchs avec la Roja, il marque à 21 reprises. Il quitte le club madrilène pour une pré-retraite au Mexique après avoir remporté 6 championnats, 2 Coupes du Roi, une Coupe de la Ligue, 4 Supercoupes d’Espagne, 2 coupes de l’UEFA. Son palmarès personnel est tout aussi garni : désigné meilleur joueur du championnat espagnol en 1986, meilleur buteur de l’Euro 1988, il termine au pied du podium du Ballon d’Or 1987. Avec originalité, il poursuit sa carrière en tant que consultant pour la RTVE et écrit pour Marca. Ce n’est qu’en 2005 que débute sa carrière d’entraîneur, au Rayo Vallecano. Carrière qui se poursuit au Real Madrid Castilla, à Getafe puis au FC Séville, dont il est l’actuel entraîneur. Beaucoup voient en lui le possible successeur de Mourinho sur le banc madrilène. Affaire à suivre.

Manuel « Manolo » Sanchís Hontiyuelo (1983-2001)

Natif de Madrid, Manolo est le fils d’un ancien grand joueur du Real Madrid (4 championnats, une Coupe d’Europe). Il intègre la Maison Blanche à 12 ans, et débute en équipe première 6 ans plus tard. S’en suivent ensuite 710 matchs (49 buts), avec à la clef 8 championnats, 2 Coupes du Roi, 5 Supercoupes, 2 Ligues des Champions, 2 Coupes de l’UEFA, une Coupe intercontinentale et une Coupe de la Ligue. Défenseur central d’une sobriété grande dans la relance, d’une rare technique pour son poste, il est l’une des figures de la Quinta del Buitre. Capitaine de la Maison Blanche jusqu’à sa retraite, il n’aura connu aucun autre club, années en junior comprises. Pur produit madrilène, il reste comme l’une des légendes d’un club dont il aura contribué à construire une légende déjà fortement ancrée dans les esprits. Comme il le dit lui-même, son plus grand souvenir restera la victoire en Ligue des Champions, 32 ans après son père.

Iker Casillas (1998 – …)

Le gardien titulaire et capitaine de l’actuel équipe ne pouvait pas être absent de ce Top 10. Depuis ses débuts en équipe première il y maintenant plus de 10 ans, il a pris part à toutes les victoires madrilènes, en championnat, en coupe et en Ligue des Champions. Véritable monument blanco, San Iker arrive au club en 1990, à l’âge de 9, poursuit son chemin jusqu’à l’équipe première, pour laquelle il dispute son premier match lors de la saison 1998-1999. 642 matchs plus tard, il est d’ores et déjà l’un des plus grands gardiens de l’histoire du club, si ce n’est le meilleur. Joueur madrilène le plus titré en sélection espagnole (Euro 2008 et 2012, Coupe du Monde 2010), il est également le joueur espagnol à avoir disputé le plus de matchs avec le maillot de la Roja. Si sa carrière est encore loin d’être finie, il faudrait avoir une grande imagination pour l’imaginer quitter le club Merengue.

Certains pourront légitimement s’étonner de l’absence de Raúl González Blanco, le meilleur buteur (323 buts) de l’histoire du club, également celui ayant disputé le plus de matchs (741) avec la tunique du Real Madrid. Néanmoins, le double Pichichi (1991, 2001) a quitté le club (forcé ?) il y a maintenant plus de 2 saisons, et poursuit sa carrière du côté du Golfe Persique, sous un autre maillot blanc, celui d’Al Saad. Le meilleur buteur des Coupes d’Europes aurait pu être présent, même dû. Mais d’autres considérations l’ont poussé partir pour Schalke en 2010. Le quintuple lauréat du titre du meilleur joueur espagnol de la Liga n’en demeure pas moins l’un des plus grands joueurs de l’histoire du Real Madrid, au même titre que d’autres absents de marque comme Alfredo Di Stefano, Ferenc Puskas, Fernando Hierro ou el Buitre, Emilio Butragueño, eux aussi ayant disputé plus d’une saison dans un autre club.

C.B.

Article également publié le 21 novembre 2012 sur Carnet Sport.

Image : C.B.

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