Chicharito, le nouveau renard ?

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Un soir de juin 2010, la France découvrait un petit joueur mexicain au moment où celui-ci martyrisait toute la défense des Bleus à Polokwane. Quelques semaines après, Javier « Chicharito » Hernández débarque officiellement à Manchester United en provenance de son club formateur de Chivas de Guadalajara. Le « petit pois » découvre à 22 ans un football européen auquel il n’aura pas grand mal à s’adapter.

Incontournable dès sa première saison en rouge, il doit désormais faire à la concurrence de Robin van Persie et Wayne Rooney en attaque. Cantonné le plus souvent à débuter sur le banc, ce sont ses entrées qui ont « sauvé » le club dirigé par Sir Alex Ferguson. A lui tout seul, il renverse Aston Villa : son triplé permet aux mancuniens de battre des Villans qui menaient 2-0 à la pause. Il permet également aux Red Devils de se défaire des Blues de Chelsea avec un but plus qu’improbable (et sans doute hors-jeu). Sorte de « super-sub » pour son entraîneur, le petit mexicain répond présent à chaque fois, ou presque, qu’on lui fait confiance. Qu’il débute ou rentre en cours de jeu, il est souvent impliqué dans les bons coups. Décisif, il l’est tout autant en équipe nationale. Avec la sélection mexicaine, il enchaîne les buts : 28 en 43 sélections.

The new baby-faced assassin

Le style de jeu de Chicharito est assez simple à résumer : il est obsédé par le but, par la surface de réparation. L’immense majorité de ses buts, il l’a a marqué à l’intérieur des 16,50 mètres. Toujours à son poste, contrairement à ses coéquipiers Rooney et van Persie, qui n’hésitent jamais à redescendre chercher un ballon, à décrocher pour créer des espace, le petit pois joue au plus près du but adverse. Son but contre Chelsea en championnat cette saison en est le parfait exemple : il ne ressemble à rien, il est même franchement dégueulasse, mais qu’est-ce qu’il est important pour son club ! Toujours bien placé, Chicharito tergiverse rarement devant la cage : c’est un véritable tuer, le nouveau « baby-faced assassin » selon Sir Alex, en référence à son ancien buteur, Ole Gunnar Solskjær. L’efficacité du mexicain pousse bon nombre d’observateurs à le qualifier de « renard des surfaces », sur le modèle d’un Pippo Inzaghi ou même Garry Lineker. C’est son entraîner à Manchester United qui n’a pas hésité à la comparé à la légende anglaise : « Il est comme Gary, qui n’a probablement jamais inscrit un beau but dans sa vie mais qui venait toujours marquer de la poitrine ou du tibia, en bonne position. »

Un renard d’un nouveau genre

Malgré sa taille (1m73), le mexicain n’est pas tant handicapé dans le jeu aérien. Son saut n’est pas aussi impressionnant que celui du colombien Falcao, autre tueur devant le but, autrement plus prolifique avec l’Atlético Madrid, il n’en reste pas moins que son placement vient compenser certains « déficits » physiques. L’intelligence du placement et des déplacements de Javier Hernández peut pousser à le qualifier de renard des surfaces. Néanmoins, il semble que Chicharito soit plus qu’un renard. Tueur, il l’est incontestablement, mais l’est-il autant qu’un Inzaghi, qu’un Trezeguet de la grande époque? Sans doute pas. Il faut aussi dire que le jeu de son équipe n’est pas aussi adapté à ce type de buteur que les jeux développés à l’époque par le Milan ou la Juventus. De plus, le mexicain a une capacité à avaler les espaces, la profondeur qui n’avaient ni l’italien ni le français. Petit gabarit, Hernández n’est pas spécialement un joueur technique, mais son ambidextrie, sa vivacité et son placement contribuent à faire de lui un joueur incontournable quand Manchester United est en difficultés.

Dans le football d’aujourd’hui, où les attaquants polyvalents du type Messi, Cristiano Ronaldo, Ibrahimovic ou van Persie sont encensés, le profil de Chicharito détonne. Le petit mexicain aurant sans doute été un immense joueur il y quelques années, quand le renard était le type d’attaquant de prédilection. Quoi qu’il en soit, le jeu développé par Manchester United et son immuable 4-4-2 (ou 4-4-1-1, c’est selon) semble lui ouvrir des possibilités nouvelles. Chicharito est sans aucun doute un attaquant atypique dans le foot moderne, une sorte d’adaptation au style de jeu d’aujourd’hui du renard quasiment porté disparu. Le mexicain est un renard d’un nouveau genre, parfait hybride entre le tueur des surfaces jouant avec le hors-jeu et l’avaleur d’espace qui n’hésite jamais à partir dans le dos des défenseurs adverses.

C.B.

Article également publié le 9 décembre 2012 sur Carnet Sport.

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