A quoi ressemblera le Real Madrid version 2013-2014 ?

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« Guerre froide entre Kaká et Mourinho », « Ce n’est pas un club de pétanque », « Il est possible que le club ne soit pas content de mon travail », « Temps maximal de Mourinho dans un club : trois ans et trois mois », « Le cycle Mourinho touche à sa fin », « Un conflit permanent », … Les unes des quotidiens sportifs As et Marca, et de la page sport d’El País sont catégoriques : José Mourinho quittera le club madrilène à la fin de la saison, à moins que Florentino Pérez décide d’en finir avant…

Quand Florentino Pérez est devenu président du club madrilène pour la seconde fois, il n’avait qu’un seul objectif en tête : ramener la Décima, la dixième Ligue des Champions des Merengues. Quand Mourinho a été débauché en 2011 de l’Inter, son contrat était clair : la Décima ou rien. Aujourd’hui, quelle que soit l’issue de la saison, il quittera le club en mai. La faute à des désaccords majeurs avec son président, et l’ensemble de la structure de l’institution madrilène. A quoi va donc ressembler le club de la capitale espagnole la saison prochaine ?

Qui pour succéder à l’autoproclamé « Special One » ?

Le départ de Mourinho acté, ou presque, Florentino Pérez va devoir trouver un nouvel entraîneur. Dire que la tache ne sera pas aisée serait un euphémisme. Depuis le départ de Miguel Muñoz, entraîneur de 1960 à 1974, seul un technicien a vu son mandat durer plus de 3 ans, Vicente del Bosque (1999-2003). Ce n’est donc rien de dire que le poste d’entraîneur madrilène est à risque. Dans l’esprit du président de la Maison Blanche, les candidats au poste ne se bousculent certainement pas. L’un des premiers sur la liste est sans doute Arsène Wenger. A plusieurs reprises, le poste lui a été proposé, il a toujours décliné. Rien ne dit que ce ne sera pas à nouveau le cas. Cependant, la situation « difficile » d’Arsenal pour le moment ne garantit en rien que le technicien alsacien puisse quitter le club londonien.

Alors que Mourinho apparaissait comme une évidence en 2010, les candidats potentiels ne se bousculent pas au portillon. Parmi les autres entraîneurs d’un grand club européen, peu semblent correspondre aux exigences de Florentino Pérez. Les « grands entraîneurs » sans club sont également très peu nombreux. D’après les quotidiens sportifs madrilènes, les deux autres noms cochés par le président de la Casa Blanca seraient Carlo Ancelotti et Joachim Löw. Le technicien italien serait une cible de choix pour Pérez, dans l’hypothèse où son aventure à la tête du PSG tournerait court. Le cas échéant, cela lui éviterait de payer une nouvelle fois un entraîneur à prix d’or. Le palmarès de Carlo Ancelotti jusqu’ici joue clairement sa faveur, lui qui a remporté la Ligue des Champions à deux reprises en tant qu’entraîneur avec le Milan AC (2003, 2007). Autre possibilité, le sélectionneur allemand, dont le nom revient de façon récurrente. Il aurait l’avantage de connaître deux piliers du Real Madrid des deux dernières saisons : Mesut Özil et Sami Khedira. Son travail à la tête de l’équipe d’Allemagne pourrait plaider pour lui, à moins que sa relative inexpérience en club (Coupe d’Allemagne 1997, Champion d’Autriche 2002) ne fasse de lui qu’un second choix. Néanmoins, il est peu probable que la Fédération Allemande accepte gracieusement de le laisser partir. Il faudra donc que Florentino Pérez sorte à nouveau le chéquier…

Plutôt que de dépenser des millions d’euros en recrutement, Pérez peut également choisir de se tourner vers des techniciens « de la maison ». Deux noms semblent alors se dégager : Alberto Toril, l’actuel entraîneur de la Castilla, l’équipe B du club, et Míchel, ancien milieu de terrain de l’équipe madrilène, et ancien technicien de la Castilla, de Getafe, actuellement au FC Séville. Le choix de Toril, sorte de Stramaccioni madrilène, s’avèrerait sans doute populaire auprès des socios, mais rien ne dit que le succès soit au rendez-vous avec un manager qui n’a jamais entraîné que des équipes de jeunes, ou des équipes B, au maximum en Liga Adelante. Cependant, le « manque d’expérience » ne signifie pas forcément l’échec, l’exemple Guardiola en atteste. Le choix de Míchel aurait l’avantage de satisfaire les socios, et une majorité des supporters puisque son expérience de technicien est bien plus importante que celle de Toril. Néanmoins, cette expérience est à relativiser : en 3 ans à Getafe, ses résultats sont plutôt mitigés (17ème, 6ème, 16ème). Quant à son expérience sévillane, elle est également moyenne : une neuvième place la saison passée, après avoir repris le club en février à la 11ème place, et stagne pour le moment à la 11ème place, à 4 points d’une place européenne, et 7 de la Ligue des Champions.

Un choix difficile s’offrira au président madrilène, qui explorera sans doute d’autres pistes. Peut-être aura-t-il le cran d’offrir un nouveau poste à Raymond Domenech (un peu d’audace, que diable !) Quoi qu’il en soit, une chose est sûre, le choix de Florentino Pérez s’avèrera déterminant pour l’avenir de la Casa Blanca. Enfin, pas tant en ce qui concerne la politique de transferts, domaine réservé du président madrilène.

Quel effectif pour 2013-2014 ?

Le départ de Mourinho en entraînerait-il d’autres ? Pour certains, ce serait dû au fait que beaucoup de joueurs madrilènes partagent le même agent, Jorge Mendes, avec le portugais (Pepe, Cristiano Ronaldo, Fabio Coentrão, Marcelo, Ángel Di María). De là à imagine des mouvements massifs du côté de la Maison Blanche… Certaines rumeurs, dont les sources sont plus que douteuses, évoquent la possibilité d’un départ de CR7. Une telle hypothèse conduirait nécessairement Florentino Pérez à recruter une nouvelle « star », en application de sa politique marketing « Galactiques ». Mais quelle « star » ?

Les hypothèses ne se bousculent pas. Une revient inévitablement : le colombien Radamel Falcao. Le prolifique attaquant des ennemis intimes de l’Atlético serait une cible de choix pour la Maison Blanche. Aligner les 60 millions d’euros de la clause libératoire serait une simple formalité pour les finances merengue. Mais de là à ce que cela se fasse, il y a un monde. Derrière Falcao, d’autres hypothèses « Galactiques » semblent envisageables. Il y a la piste Gareth Bale, qui en coûterait une quarantaine de millions d’euros. Ou encore David Silva, qui pourrait débarquer au Bernabéu pour plus de 60 millions d’euros. En dehors de ces quelques noms, aucun joueur ne semble correspondre aux critères de Florentino Pérez. Mais rien ne garantit que Cristiano Ronaldo quitte effectivement le club, il l’a répété à maintes reprises jusqu’à aujourd’hui.

Un autre joueur pourrait souffrir du départ de José Mourinho : Karim Benzema. Le français a incontestablement progressé depuis l’arrivée du portugais. Incontestablement, sa première saison plus que moyenne s’impute en partie à la question de l’adaptation, mais peu d’entraîneurs accepteront, comme l’a fait Mourinho, de le stimuler constamment. Si Pellegrini privilégiait Higuaín, ce n’est pas seulement pour des questions d’adaptation, mais aussi pour des questions de motivation, d’implication de d’impact sur le jeu madrilène. Dans l’hypothèse où Benzema quitterait Madrid, deux destinations pourraient s’offrir à lui : le PSG et Manchester United. Dans le second cas, le départ du français pourrait se combiner à l’arrivée du mexicain Javier « Chicharito » Hernández dans la capitale madrilène. Le mexicain viendrait concurrencer Higuaín. A moins que le successeur de Mourinho fasse entièrement confiance aux joueurs issus de la cantera.

Car du talent, il y en du côté de la cantera ! En attaque, les espoirs se placent en Álvaro Morata et Jesé Rodríguez. Les deux attaquants ont le potentiel de devenir des titulaires en blanc, et pas seulement du côté de Getafe. Au milieu, ce sont également deux joueurs qui se détachent : José Rodriguez, milieu offensif, qui semble avoir la confiance de Mourinho, et Álex, au poste de milieu axial. En défense, c’est Nacho, capitaine de la Castilla, qui tire son épingle du jeu. Le polyvalent défenseur pourrait, à terme, s’intégrer à l’équipe première. Tous ces joueurs auront besoin de temps de jeu pour développer leur potentiel. Le prochain entraîneur du Real Madrid la responsabilité de leur progression. A lui de faire en sorte que le potentiel de la Cantera bénéficie à l’équipe première.

Le départ de Mourinho semble se préciser de jour en jour du côté de Valdebebas, le centre d’entraînement du Real Madrid. Mais c’est la seule certitude (si tant est que l’on considère que son départ est acquis) que l’on puisse avoir en ce qui concerne l’avenir du Real Madrid. Tout le reste dépendra des choix de Florentino Pérez et de l’administration de l’institution Merengue d’une part, et du nom du prochain entraîneur. L’été promet d’être mouvementé du côté de Madrid.

C.B.

Article également publié le 8 décembre 2012 sur Carnet Sport.

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