Herr Müller, der Bomber

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Gerd Müller. N’importe quel supporter, n’importe quel téléspectateur assidu a déjà entendu ce nom. La dernière fois, c’était sans doute lors d’un dernier match du F.C. Barcelone, alors que Lionel Messi se rapprochait dangereusement de son record de 85 buts sur une année civile. Le doublé de l’argentin sur le terrain du Betis a définitivement enterré le record de l’allemand. Mais la carrière du buteur bavarois ne se résume pas à ces 85 buts marqués en 1972. Retour sur la trajectoire d’un immense joueur.

La carrière de Gerhard Müller débute lors de la saison 1963-1964, avec le club de sa ville natale, le TSV 1861 Nördlingen. Loin de la toute neuve 1. Bundesliga, il joue alors en 7ème division. Une saison et 50 buts plus tard, il signe au Bayern Munich, qui est alors loin d’être un grand club et joue dans ce qui deviendra quelques années plus tard la 2. Bundesliga. A l’époque, le club munichois n’a remporté que deux malheureux titres : le championnat (1931-1932) et la coupe de RFA (1957).

Un palmarès koloßal et des buts en rafales

Après quelques soucis d’adaptation, la machine à but est lancée, et Gerd Müller grandit avec le Bayern Munich. En quelques années, tout s’enchaîne : la montée en 1. Bundesliga, une première coupe, puis une victoire en Coupe d’Europe des Vainqueurs de Coupe. Entre 1965 et 1978, le bavarois est le meilleur buteur du club à 13 reprises, soit sur toute la période. Au final, l’histoire d’amour en Müller et le Bayern Munich aura duré 15 saisons, pour un total de 650 matchs officiels disputés et 628 buts, soit un ratio d’un peu moins d’un but par match (0,97). Dont la fameuse année 1972, ponctuée de 85 buts… en 60 matchs ! Le palmarès du club bavarois s’étoffe : ce sont 4 championnats de RFA, 4 Coupes, une Coupe d’Europe des Vainqueurs de Coupe et 3 Coupes d’Europe consécutives qui viennent garnir la vitrine des trophées munichoise.

Son passage en équipe d’Allemagne de l’Ouest n’est pas moins glorieux : il y marque 68 buts en 62 sélections. C’est un autre record menacé, par Miroslav Klose (67 buts en 126 sélections). Avec la RFA, il remporte l’Euro 1972 et la Coupe du Monde 1974. Jusqu’aux 15 buts marqués par le Brésilien Ronaldo, il était le détenteur du record du nombre de buts marqués en Coupe du Monde (14 en deux éditions, 1970 et 1974). « Der Bomber » est assurément un homme record, puisqu’il détenait également le record du nombre de buts marqués en Coupes d’Europe (62), jusqu’à ce que Pippo Inzaghi ne le dépasse en 2007. Il est également le meilleur buteur de l’histoire de la 1. Bundesliga, avec 365 buts en 427 matchs.

Le véritable renard des surfaces

Derrière ces records se cache un joueur comme il n’en existe presque plus aujourd’hui, un véritable renard des surfaces, littéralement obsédé par le but, à l’instant de tueur. Rares sont les occasions de buts non transformées par le bavarois. Bien épaulé, il pouvait compter sur des pourvoyeurs de ballons de (très) grande qualité, au rang desquels, excusez du peu, Franz Beckenbauer ou Uli Hoeness. Il est incontestable que le jeu de l’Allemand a contribué à populariser son profil de tueur, de renard, et a inspiré quelques générations d’attaquants. A jamais au panthéon des grands attaquants, avec les Puskas, Pelé, Eusebio et autres Kocsis.

Contrairement à Pelé par exemple, l’allemand n’était pas spécialement rapide, ni un adepte du dribble, du gri-gri. Non, il savait toujours à quel endroit du terrain il devait se trouver pour pouvoir marquer. Ni grand, ni vraiment petit (1m76 sous la toise), il se démarquait surtout par sa capacité à contrôler, à enchaîner, à tirer avec une vivacité incroyable. Son placement, sa façon de se placer de manière à ne laisser aucune chance au gardien ou aux défenseurs a fait de lui l’un des meilleurs attaquants que le football ait connu. La plupart de ses buts, il les a inscrit à l’intérieur de la surface, rares sont les buts fantastiques marqués par Müller, un de ses buts contre l’Italie en 1970 ou celui marqué contre la Yougoslavie en 1974 sont des exemples types : des buts franchement moches, mais ô combien importants pour son équipe !

Si Lionel Messi est parvenu à effacer Gerd Müller des tablettes – les records sont faits pour être battus – comme l’avait fait auparavant l’italien Pippo Inzaghi, l’allemand restera comme l’un des meilleurs renards des surfaces que le football aie jamais connu, si ce n’est le meilleur.

C.B.

Article également publié le 19 décembre 2012 sur Carnet Sport.

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3 réflexions sur “Herr Müller, der Bomber

  1. En même temps, le jour où tu feras un commentaire élogieux à la gloire de Messi n’est pas venu… Oui, il y a une blague vaseuse là dessous ^^

    Encore du très simple, très bien écrit, très fluide, très bon.

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