Super Darío, le chasseur

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Arrivé en catimini de l’Ajax où il n’a pas su s’imposer malgré une première saison prometteuse, l’argentin Darío Cvitanich n’était pas spécialement attendu comme le messie à Nice. Quelques mois plus tard, la dimension prise par le buteur est telle qu’il est devenu LA recrue azuréenne.

La carrière de Cvitanich débute du côté de Buenos Aires – rien d’étonnant quand 10 des 15 clubs de la première division argentine sont implantés dans la capitale. Au Club Atlético Banfield pour être plus précis. Il y a passera 5 saisons une fois devenu professionnel en 2003. 92 matchs et 37 buts plus tard, il s’envole pour les Pays-Bas en signant à l’Ajax. Malgré une première saison prometteuse (9 matchs en 18 buts) et quelques mois encourageants (4 buts en 6 matchs) lors de l’exercice suivant, il est prêté par le club néerlandais aux mexicains de Pachuca (32 matchs, 15 buts en deux saisons). Puis s’en suit un prêt à Boca Juniors (24 matchs, 9 buts). L’Ajax souhaite alors se débarrasser du joueur, qui « alourdit » sa masse salariale. L’OGC Nice, qui le suit depuis près d’un an, saute sur l’occasion et soumet une offre de 400 000 euros. Quelques jours plus tard, l’argentin Cvitanich débarque sur la Côte d’Azur.

Diesel Cvitanich

Il doit cependant attendre le départ de son compatriote Fabian Monzón, révélation azuréenne la saison passée, à l’Olympique Lyonnais qui libère une place pour un joueur extracommunautaire pour pouvoir disputer son premier match. Après des débuts laborieux, il marque ses premiers buts en Coupe de la Ligue contre Brest, puis en championnat contre Bastia. La machine est lancée. Il enchaîne alors les buts. A la trêve, il en a déjà marqué 10 en 16 matchs disputés. Depuis Loïc Rémy, aucun joueur niçois n’avait atteint les 10 buts en championnat. Cette efficacité (0,625 but par match) fait de lui le transfert offensif le plus rentable d’Europe, devant les espagnols Aritz Aduriz (transféré de Valence à l’Atheltic Bilbao) et Michu, actuelle révélation de Premier League avec Swansea. Très loin devant Robin van Persie ou Zlatan Ibrahimovic. En à peine quelques mois, il est devenu l’an des chouchous du public niçois, bien aidé par ses statistiques offensives.

Cvitanich, plus chasseur que renard

Contrairement aux joueurs qui le devancent au classement des buteurs (Ibrahimovic, Gomis), Cvitanich frappe peu au but. Mais ses frappes cadrées sont la plupart du temps imparables pour le gardien adverse : 10 de ses 16 frappes cadrées ont fini au fond des filets. Le secret de cette exceptionnelle réussite réside notamment dans le placement et le travail offensif de harcèlement continuel qu’exercer le buteur argentin sur les défenses adverses. Le profil de l’attaquant est particulier, comme le souligne Eric Bauthéac, son coéquipier, qui parle de lui comme « un vrai renard des surfaces. Mais aussi le premier défenseur ». Cvitanich n’attend pas les ballons de buts bien placé, il attaque et défend continuellement. Son travail de sape sur les adversaires porte d’ailleurs souvent ses fruits. Contrairement à d’autres attaquants prolifiques en Ligue 1, il est présent dans toutes les phases du jeu niçois, dès la récupération de balle.

Le Ray, comme à la maison

Il compense sa relative petite taille (1m74) par une volonté et une hargne, une grinta inébranlable. Pas très rapide, il attaque sans relâche, et travaille énormément pour le collectif niçois plutôt que d’attendre patiemment des balles de but. Pour son coéquipier Renato Civelli, il n’est pas qu’un buteur, mais un joueur complet, collectif et doué techniquement. « C’est un point d’appui, un joueur qui garde très bien le ballon, on le trouve à chaque fois, il rend des ballons propres ». Son caractère de battant est très certainement ce qui a contribué à faire que le public niçois l’adopte si vite. Il n’a pas peur d’aller au duel, de prendre des coups pour (se) créer une occasion. Lui-même, dans une interview accordée à Nice Matin, s’avoue motivé par ce public fervent. Il va même jusqu’à qualifier le stade du Ray de « petit coin d’Argentine ».

Cet attaquant qui « respire le foot », dixit Claude Puel, son entraîneur, apprend à Nice un nouveau rôle, celui de véritable neuf, d’attaquant pur. Il avait auparavant l’habitude de joueur en neuf et demi, en attaquant de soutien. Loin de l’effrayer, ces responsabilités nouvelles semblent lui aller comme un gant, au vu de son impact sur le jeu niçois. En à peine 4 mois, il a déjà plus marqué que le meilleur buteur du club en Ligue 1 (Anthony Mounier, 8 buts). Le chasseur Cvitanich a les cartes en main pour continuer sur sa lancée en 2013, et contribuer à faire de Nice l’un des équipes « surprise » de cette saison.

C.B.

Image : Frantz Bouton/Nice Matin

Article également publié le 3 janvier 2013 sur Carnet Sport.

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