Beckham : un VRP en crampons pour le PSG

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Exilé aux Etats-Unis depuis son départ du Real Madrid au Los Angeles Galaxy, l’anglais David Beckham n’avait pas remis les pieds sur un terrain de football européen depuis sa dernière pige à Milan en 2010. Sa signature au Paris Saint-Germain annonce donc officiellement le retour de Becks sur les gazons européens. A bientôt 38 ans, peut-on réellement parler d’une plus-value sportive pour le PSG ? Ou bien plutôt d’un gros coup marketing ?

L’Equipe aurait donc pu ressortir sa une de l’an passé : Beckham a (vraiment) signé au PSG. Si l’on occulte pour le moment la question de son apport dans le jeu parisien, il est évident que le club francilien signe là un (très) gros coup. En recrutant le joueur le plus populaire du monde, le PSG recrute également un homme sandwich, l’un des rares footballeurs dont les rétributions publicitaires dépassent le salaire. Adidas, Gilette, Marks & Spencer, Armani, H&M : un point commun, Beckham. Au total, ce sont plus de 20 millions d’euros qui atterrissent chaque année sur le compte bancaire de l’ancien joueur du Real Madrid en échange de son image. Sachant habilement gérer son image, l’anglais est passé maître – grâce à l’aide de ses conseillers – dans l’art de se vendre. Sa visibilité médiatique servira très avantageusement les intérêts du PSG.

Cap sur l’Asie !

Quand Ibrahimovic, Lucas Moura ou Thiago Silva permettent au PSG de gagner des parts de marché plus qu’importante en Europe et au Brésil respectivement, la « marque » Beckham augmentera à coup sûr sa pénétration sur les marchés asiatiques, où l’anglais est une véritable star, toujours adulée malgré les années. Quand les brésiliens du PSG permettent à la Ligue 1 de multiplier par quatre le montant des droits payés par le diffuseur brésilien du championnat (de 250 000 à plus d’un million de dollars en moins d’un an), l’arrivée de Beckham permettra au PSG, et a fortiori à la Ligue 1 de gagner en visibilité sur un marché asiatique saturé par la Premier League – d’où les multiples tournées estivales des clubs anglais dans la région : Arsenal en Indonésie, Manchester United à Hong Kong, etc.

David Beckham est sans aucun doute l’un des joueurs vendant le plus de maillots dans le monde – il suffit de voir le nombre de maillot du PSG floqués du n°23 « Beckham » vendus en quelques jours l’an passé lors de sa vraie-fausse signature. Il est évident que les maillots « 32 Beckham » se vendront comme des petits pains, dépassant largement le simple cadre des supporters franciliens. Déjà en 2003, cette donnée était l’une de celles ayant poussé Florentino Pérez, le président du Real Madrid, à débourser 35 millions d’euros pour s’attacher les services de l’anglais. Lui-même l’avouait : « La dimension internationale de David Beckham a été l’une des raisons principales de son acquisition ». Cette politique dite des galacticos (Figo, Zidane, Ronaldo, Beckham, et maintenant Kaka, Cristiano Ronaldo) a permis et permet encore aujourd’hui au Real Madrid d’être le club vendant le plus de maillots dans le monde (en moyenne 1 400 000 sur les qautre dernières années).

Beckham, le multiplicateur de revenus issus du marketing

Selon les chiffres relayés par So Foot, l’anglais aurait généré au cours des quatre saisons qu’il a passées en Espagne un total de 440 millions d’euros liés aux ventes de produits dérivés. D’après les informations de L’Expansion, lors de ses courts passages au Milan AC – deux prêts en 2009 et 2010 – il a rapporté près de 20 millions d’euros au club de Silvio Berlusconi. Avant même l’officialisation de sa signature, le Los Angeles Galaxy avait déjà vendu plus de 250 000 maillots… Quel footballeur peut se targuer d’avoir une telle aura ? Aucun. Avant même d’apposer sa signature au bas du contrat qui lie son club à l’anglais, Nasser al-Khelaïfi sait déjà quels bénéfices attendent le club francilien.

Le PSG, conscient de la manne qui peut être retirée de cette stratégie, s’engage clairement dans cette voie avec les transferts de Zlatan Ibrahimovic, Lucas Moura et maintenant David Beckham. Quel que soit le rendement du Spice Boy sur le terrain, le club de la capitale sera gagnant sur tous les tableaux ou presque. Le PSG met un pied en Asie grâce à ce recrutement, tout en s’assurant une visibilité outre-Manche. Malgré son retard sportif certain, la MLS parvient tout de même à attirer les diffuseurs internationaux. Depuis 2007, date du transfert de Beckham à Los Angeles, la MLS a connu une croissance plus qu’importante, tant sur le territoire américain que dans le monde. A titre d’exemple, l’affluence moyenne dans les stades a été multipliée par deux, et les ventes de produits dérivés ont augmenté de 230%.

Simple coup marketing ou véritable plus-value sportive ?

D’un point de vue économique, le transfert de David Beckham est évidemment une réussite pour le PSG. Mais qu’en est-il sur le plan sportif ? S’il concède volontiers que sa vitesse n’est plus celle de ses grandes années – tout en précisant qu’il n’a jamais été vraiment rapide – l’anglais n’est bien clairement plus au zénith de sa carrière. Mais quand on voit certaines de ses performances, Beckham peut apporter quelque chose au PSG sportivement parlant. Si l’on en croit Arsène Wenger, malgré son retard sur le plan physique, l’anglais est encore « capable de faire de bonnes passes, il est intelligent ». Rien d’étonnant là-dedans, mais sachant que le commentaire vient d’un entraîneur dont les jugements peuvent sans crainte être écoutés, on peut être rassurés.

Bien sûr, il ne faut pas compter sur Beckham pour faire la différence comme peuvent le faire Ibrahimovic ou Lucas Moura. Mais sur quelques entrées, il est clair que l’anglais peut être capable d’un éclair, d’une passe décisive de génie comme il en a le secret, ou d’un décalage parfait. Avec son pied droit, n’importe quel corner ou coup-franc bien placé peut devenir décisif. Même en quelques mois, le PSG peut bénéficier sportivement de l’apport de Beckham, même si celui-ci sera sans doute beaucoup moins important en proportion que son apport économique. En d’autres termes, Beckham est un VRP de terrain pour le PSG.

C.B.

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Image : THOMAS SAMSON/AFP

Article également publié le 8 février 2013 sur Carnet Sport.

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