¡Hasta la vista, Gonzalo!

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« Je m’en vais. Mon cycle au Real Madrid se termine ici. Je veux le dire moi-même, et remercier tout le monde pour ces 7 années. Il est temps pour moi de changer d’air. Je cherche un nouveau défi. J’étudierai toutes les offres, et j’espère que tout finira bien, pour moi et pour le Real Madrid. » Ça y est, tu t’en vas. Après 6 ans et demi à Madrid, tu quittes le Bernabéu qui t’a vu grandir pour tenter l’aventure du côté de Naples. Certains diront que ton départ ne changera rien. Mais malgré tes ratés, tu vas nous manquer Gonzalo.

Ton premier but, contre l’ennemi madrilène, comme Raúl. Comme un symbole. Tu nous as tant exaspérés, incapable de viser ces cages pendant ces six premiers mois madrilènes. Puis est arrivé ton deuxième but, contre Osasuna, et ce titre, arraché au Barça. Vint alors ta deuxième saison, pas vraiment plus productive. Toujours cette imprécision, tes ratés devant les cages. Je m’entends encore gueuler devant ma télé. « Mais achète-toi des yeux, putain ! ». Des traces de ton côté brestois, sans doute. En mai, c’est encore un titre de champion.

Enfin, c’est l’explosion : 22 buts en championnat, ça y est. La machine était lancée. Je me souviens encore de ton quadruplé contre Malaga, et cette victoire 4-3. La saison suivante devait être celle de la consécration, ta saison. Florentino a bien tenté de te mettre Benzema dans les pates. Tu mettras Raúl et Benzema sur le banc. Avec Cristiano à tes côtés en attaques, c’est 27 buts que tu marques cette saison-là. Et ton immense raté contre Lyon en Ligue des Champions. C’est l’élimination. Pas de titre au bout : Pellegrini, malgré sa 2ème place et ses 96 points, est remercié par Florentino – un de plus.

Mourinho arrive. Annoncé partant, tu prolonges finalement ton contrat. Jusqu’en 2016. Il te préfère au « chat » Benzema. Tu lui donnes raison, jusqu’à cette foutu blessure. Tu pars te faire opérer à Chicago. Benzema te remplace, mal. Mourinho recrute Adebayor – on en rit encore. Tu reviens. Titularisé à Mestalla, entre deux demi-finales de Ligue des Champions contre le Barça, tu plantes ton triplé. Mourinho te titularise pour le retour au Camp Nou. Deux buts à remonter. Tu crois marquer. Tu crois sonner la « remontada ». Gérard Piqué et Wolfgang Stark en décideront autrement : 1-1, le Real est éliminé. Raté. Cette Ligue des Champions qui te réussit si peu résiste encore et toujours.

Ensuite ? C’est la meilleure saison du club version Mourinho : 100 points, 121 buts. La concurrence redouble d’intensité avec le chat. Malgré tes titularisations moins nombreuses, tu marques plus. Qu’elle semble loin, ton inefficacité de 2007. 22 buts. Tes triplés contre le Bétis et l’Espanyol. Ce but à Saint-Sébastien, ces trois points vitaux pour prendre la première place et ne plus la lâcher. Puis ce pion à Majorque, cette égalisation qui relance tout. Et tous ces autres buts. Des « petites équipes » ? Peut-être. Mais sans ces points, le Barça aurait dépassés le Real. Trois petits buts en LDC. C’est vraiment pas ton truc, ces soirées européennes. Ça viendra peut-être un jour…

Puis vient 2012-2013. Une saison à oublier ? Sans doute. Tu as beau marquer lors des trois premiers matchs, le Real n’en gagne qu’un. Avec à la clé une défaite ridicule à Getafe. Ça commence bien mal. Ton but en Supercoupe et ce (pseudo) titre n’y changeront rien. Benzema a fini par te dépasser. 16 buts pour 19 titularisations. Mourinho aura définitivement réussi à faire d’un miaulement un rugissement. Malgré tout, tu réponds présent à chaque fois, ou presque. Tu ne joues pas vraiment en Ligue des Champions. Ni même en Coupe du Roi. Mourinho te préfère le chat en finale. Invisible, il n’évitera pas la défaite brisant cette série de victoire contre le deuxième club de Madrid que ton premier but en blanc avait permis de faire continuer.

Tu as choisis le Napoli. Benitez te fera sans doute plus jouer. Et tu marqueras, comme toujours. Certains diront que tu ne manqueras pas au Real : ils ont tort. Tu n’as sans doute pas mis Raúl, van Nistelrooy et le chat sur le banc pour rien. Tu nous manqueras Gonzalo. Toi, tes buts, et tes putains de ratés.

C.B.

Pour finir sur une touche un peu plus sérieuse, une comparaison des statistiques de Gonzalo Higuaín et Karim Benzema de l’arrivée au club de ce dernier (juillet 2009) au départ de l’argentin (juin 2013) :

  • Higuaín a disputé 163 matchs, dont 113 en tant que titulaire, pour un total de 9 922 minutes. Il a marqué 88 buts et délivré 31 passes décisives. Soit un ratio de 0,539 buts/match. Il a été décisif toutes les 83 minutes.
  • Benzema a disputé 182 matchs, dont 121 en tant que titulaire, pour un total de 10 848 minutes. Il a marqué 87 buts et délivré 46 passes décisives. Soit un ratio de 0,478 buts/match. Il a été décisif toutes les 81 minutes.
  • Si l’on ne prend en compte que les matchs dits « importants »1, le ratio d’Higuaín tombe à 0,288 buts/match quand celui de Benzema ne bouge presque pas (0,470 buts/match).

(1) Les matchs dits « importants » sont : ceux de Ligue des Champions, de Coupe et de Supercoupe, ainsi que les matchs de championnats contre les 4 équipes les mieux classées à la fin de la saison. Le Real Madrid étant, entre 2009-2010 et 2012-2013, à chaque fois dans les 2 premiers, il ne reste à prendre en compte que 6 matchs, contre le FC Barcelone (sur les 4 saisons), le Valence CF (de 2009-2010 à 2011-2012), le FC Séville (2009-2010), Villarreal (2010-2011), Malaga (2011-2012) et la Real Sociedad (2012-2013).

Article également publié le 14 août 2013 sur beIN Sport Your Zone.

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