Florentino Pérez, épisode 1 : l’ascension, les Galactiques et la démission (2000-2006)

Florentino Pérez 1
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Le nom de Florentino Pérez est aujourd’hui indissociable du Real Madrid, qu’il préside depuis 2009, après un premier passage entre 2000 et 2006. Entre succès, échecs et polémique, retour sur le Real Madrid version Pérez. Premier épisode, de 2000 à 2006 : de la conquête de la présidence à la démission.

A l’été 2000, Lorenzo Sanz perd la présidence du Real Madrid, malgré ces deux Ligues des Champions remportées en 1998 et quelques semaines plus tôt. C’est Florentino Pérez, ingénieur de formation et président de la société de construction ACS, qui lui indique la sortie. Sa victoire, il la doit en grande partie aux (énormes) promesses qu’il a faites, parmi lesquelles une réduction de la dette du club en quatre ans, dette qui s’élève alors à 43 milliards de pesetas (soit près de 340 millions d’euros, inflation depuis 2000 prise en compte). Il avait également axé sa campagne sur son image de chef d’entreprise, mettant en avant ses succès dans le monde des affaires (1).

Une lune de miel de trois ans

Lors de cet été 2000, il frappe un premier grand coup en recrutant Luis Figo, alors au FC Barcelone, contre 60 millions d’euros, soit le montant de sa clause libératoire. C’est le début de sa désormais célèbre politique de recrutement dite des Galacticos : Zidane, Ronaldo, Beckham suivront. Sous la houlette de celui est resté, malgré le changement de présidence, entraîneur du Real Madrid, Vicente del Bosque, le club remporte deux fois Liga (2001, 2003), une Ligue des Champions (2002), une coupe Intercontinentale (2002), une Supercoupe d’Europe (2002) et deux Supercoupe d’Espagne (2001, 2003).

2003 marque à la fois l’arrivée de David Beckham du côté de Chamartin, mais également deux changements majeurs, qui affecteront l’équipe bien plus que Florentino Pérez ne l’imaginait : le non-renouvellement du contrat de Vicente del Bosque, jugé incompatible avec le politique bling-bling des Galacticos, et la vente de Claude Makélélé, coupable d’avoir réclamé une augmentation de salaire équivalente à la moitié de ce que touchait Zinedine Zidane (2). Avec le français, quittent également le Real : Fernando Hierro, Steve McManaman et Fernando Morientes. Ironie de l’histoire : prêté à Monaco, ce dernier contribuera à la victoire du club de la Principauté contre… le Real Madrid en quarts de finale de Ligue des Champions. Cette même année 2004, Florentino Pérez est réélu à son poste, promettant notamment une restructuration totale du stade Santiago-Bernabéu, restructuration que l’on attend toujours.

Encart publicitaire campagne présidence Real Madrid 2004

Encart publicitaire paru dans de nombreux quotidiens nationaux au moment de la campagne pour la présidence du Real Madrid en 2004.

En parallèle à cette politique du « gros coup », certains jeunes issus pour partie de la Cantera parviennent à trouver une (petite) place en équipe première. Parmi eux, Francisco Pavon, qui donnera son nom à la politique « Zidanes y Pavones », le nom « officiel » des Galactiques. C’est finalement le transfert de David Beckham qui marquera un tournant : malgré un Ronaldo toujours aussi efficace (24 buts en 32 rencontres), le Real Madrid version Carlos Queiroz est un échec total (4ème en Liga). S’en suit alors une valse des entraîneurs annuelle qui durera jusqu’à l’ère Mourinho (2010-2013).

La création d’une machine de guerre marketing

En dehors de l’aspect sportif, Florentino Pérez est à l’origine du déménagement du Real de sa vieille Ciudad Deportiva (vendue à la Mairie de Madrid contre 480 millions d’euros) vers le flambant neuf centre d’entraînement de Valdebebas. Le Santiago-Bernabéu subit plusieurs liftings, notamment en ce qui concerne le nombre de places VIP dans le stade. Pour marquer un peu plus sa filiation avec son illustre prédécesseur, il contribue à la nomination du mythique Alfredo Di Stefano au poste de président d’honneur du club. Mesure ô combien symbolique.

Sur le plan financier, le recrutement de stars mondiales contre Zidane, Figo ou Beckham, ainsi que la starification de joueurs maison comme Raul, et dans une moindre mesure Guti et Casillas, permet au club d’augmenter sensiblement les montants perçus grâce aux produits dérivés en tout genre. De même, l’introduction dans les contrats de ces joueurs d’une clause faisant du club le propriétaire de plus ou moins 50% (les conditions varient selon le joueur) contribue grandement à l’augmentation des recettes.

Sevré de trophées depuis 2003, le Real s’enfonce dans une crise sportive semblable au passage à vide connu entre 1966 et la Quinta del Buitre des années 1980. L’élimination en huitièmes de finales de Ligue des Champions contre Arsenal en février 2006 agit comme un révélateur. Malgré ses succès initiaux, Florentino Pérez a été incapable de tenir ses promesses de succès sportifs. Il finit par démissionner le 27 février 2006, signant la fin de l’ère des Galactiques. En deux ans, entre 2005 et 2007, Figo, Zidane puis Beckham et Ronaldo quittent le club.

C.B.

(1) Lors de sa campagne, il avait notamment expliqué : « Il y a de ça 20 ans, j’ai acheté une entreprise pour une peseta symbolique. Cette entreprise, aujourd’hui, gagne plus de 500 millions de pesetas par an ». Nul que cette image, conjuguée aux difficultés du Real Madrid de l’époque, difficultés inhérentes à sa dette massive, a joué un rôle majeur dans sa victoire sur Lorenzo Sanz.

(2) Le transfert de Claude Makélélé à Chelsea a considérablement déséquilibré le milieu du Real Madrid. Elément indispensable depuis son arrivée du Celta Vigo en 2000, il ne sera jamais réellement remplacé. Mauvaise foi jusqu’au bout, Florentino Pérez ira jusqu’à déclarer : « Makelele ne nous manquera pas. Sa technique était moyenne, il manquait de vitesse et de talent pour effacer les adversaires et 90 % de ses passes étaient dirigées vers l’arrière ou les côtés ».

Retrouvez les deux autres articles de cette série consacrée à Florentino Pérez ici.

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