Quelques réflexions sur les Mondiaux de natation de Kazan (Episode 2)

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Après une journée marquée par l’impressionnante victoire de Florent Manaudou sur le 50 mètres NL, retour sur les Championnats du Monde de Kazan, où, notamment, les Russes brillent par leur absence.

Phelps absent mais omniprésent et la question des comparaisons en natation

Après une pause de presque deux ans, Michael Phelps avait finalement replongé en avril 2014 avec les Mondiaux de Kazan et, évidemment, les Jeux de Rio en ligne de mire. Une conduite en état d’ivresse aura eu raison de ses objectifs mondiaux, puisque la fédération américaine de natation a décidé de l’écarter de la liste des sélectionnés. « Condamné » à regarder les championnats du monde sur sa télévision, l’Américain n’a cependant pas été totalement absent de ces championnats. Organisés au même moment, les championnats américains lui ont permis de rappeler à la natation mondiale qui était le vrai patron, puisque son 200 mètres papillon est tout simplement le plus rapide de l’année (1:52.93), et lui aurait donc assuré une médaille d’or dans la course remportée par Laszlo Cseh (1:53.48).

Au-delà de ces questions purement sportives, le nom de Michael Phelps est à nouveau mentionné pour évoquer les performances exceptionnelles de Katie Ledecky, titrée sur 200, 400, 800 et 1500 nage libre. Comme lors des Mondiaux de Barcelone en 2013 marqués par les performances de Missy Franklin – nettement moins impressionnante cette année – la domination exercée par Ledecky est comparée à celle que Phelps a exercée pendant des années sur la natation mondiale.  Impossible donc de parler de la natation américaine sans évoquer le nageur de Baltimore. Dans le même genre, nous avons également l’obsession de certains journalistes et commentateurs français de comparer la domination que peut exercer Florent Manaudou sur le sprint et celle de sa sœur Laure sur des courses radicalement différentes – et le mot est faible. Ce qui n’est, finalement, pas sans rappeler la volonté de certains commentateurs de football de trouver un « nouveau Zidane ». La comparaison peut parfois sembler « logique » lorsque l’on est spectateur de la domination sans partage qu’exercent Ledecky et, dans une bien moindre mesure, Florent Manaudou, mais elle ne permet en aucun d’appréhender la réalité de courses qui n’ont réellement rien à voir – si l’on osait aller au bout du raisonnement, on dirait que ce sont des natations différentes, et même des sports différents (pour reprendre les mots de Philippe Lucas au micro de France TV).

Quelques mots sur le comeback de Camille Lacourt

Médaillé à de nombreuses reprises, de Budapest aux championnats d’Europe en 2010 aux Mondiaux 2013 de Barcelone, Camille Lacourt n’est plus à présenter. Le dossiste, second sur 100 mètres (52.48) et avec de très bonnes chances de victoire sur le 50 mètres demain (24.27, meilleur temps des demi-finales), est à son niveau à Kazan. Pourtant, il revient de loin. Après une année difficile et plus de six mois sans compétition, il a replongé et (presque) retrouvé son meilleur niveau. Sa blessure et son opération à la hanche n’ont – heureusement pour la natation – pas eu raison du talent du nageur. Sur le 100 mètres, seul le talent de l’australien Mitch Larkin a pu l’empêcher d’atteindre le plus haute marche du podium. Néanmoins, à son meilleur niveau Camille Lacourt semble être capable de battre l’Australien et, pourquoi, de chatouiller et (pourquoi pas ?) battre le record du monde d’Aaron Peirsol (51.91). Sur le 50 mètres, ses courses en séries et en demi-finale ont été tout simplement impressionnantes de maîtrise. On espère donc que cela se traduire en finale, demain.

Ceux qui sont passés à côté de ces championnats

L’équipe russe dans son ensemble – Yuliya Efimova de retour de seize mois de suspension pour dopage exceptée, puisque titrée sur 100 mètres brasse – semble avoir quelque peu raté ses championnats. Le public russe espérait des grandes performances de ses nageurs à domicile. Pour autant, on peut aisément dire que les performances russes ne sont pas celles espérées. « Chef de file » de la délégation russe, Vladimir Mozozov a clairement raté ses championnats : disqualifié pour faux-départ sur 100 NL, une quatrième place sur 50 NL (21.56, à un centième du troisième, Bruno Fratus), il a peu de chances de rattraper ses échecs (une médaille en finale du 50 mètres dos demain ?). Au total, l’équipe russe n’a remporté que trois médaille : le titre d’Efimova sur 100 brasse, l’argent sur le 4×100 NL masculin, et le bronze pour Evgeny Rylov sur 200 dos.

Missy Franklin, qui avait largement dominé les championnats du monde en 2013, à Barcelone, n’a pas réussi à réitérer la performance. Alors qu’elle avait remporté le 200 mètres dos en 2:04.76 il y a deux ans, elle échoue cette fois-ci à la deuxième place, en 2:06.34, derrière Emily Seebohm (2:05.81). Elle a terminé son 100 NL en 54.00, soit 53 centièmes de plus qu’en 2013. Elle perd également son titre sur le 200 NL, où elle finit sa course derrière sa compatriote Katie Ledecky et l’italienne Federica Pellegrini. En relais, les américaines, dont Missy Franklin, échouent à la troisième place (3:34.61), derrière l’Australie (3:31.48) et les Pays-Bas (3:33.67), mais remportent le 4×200 NL (7:45.37). Si les Etats-Unis ont remporté le 4×100 NL mixte (3:23.05), et en attendant les résultats du 4×100 4N féminin au sens duquel Missy Franklin devrait logiquement nager le dos, on ne peut pas dire que les relais américains soient particulièrement mauvais, bien au contraire. C’est bien sur les épreuves individuelles que Missy Franklin n’est pas à son meilleur niveau.

C.B.

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